"Le mot progrès n'aura aucun sens tant qu'il y aura des enfants malheureux."

 

Albert Einstein

FESTIVAL DES ENFANTS

Interview de Csilla Nicot,

Présidente, Fondatrice de l'association 

3/ Quelle est la génèse et l’historique de votre association ?

 

Je suis fan de Coluche depuis toujours. Ce qu’il a fait avec les restos du cœur, est fantastique, chapeau aussi aux Enfoirés pour la suite.

Coluche est parti d’un constat simple : Il y a des gens qui ne mangent pas à leur faim en France.  Voilà, c’est simple et grave mais son action était claire et nette : Donner à manger à ceux qui ont faim.

Simple, facile, efficace……. à l’opposé du système n’est pas ?

 

Je suis partie d’un constat : Il y a en France un besoin et un manque.

Notre pays a besoin d'un évènement fédérateur et d'une campagne de sensibilisation efficace …… et unie.

Durant la gestion de ma garderie j’ai pu échanger et écouter surtout, les parents de toutes les classes sociales et origines qui me disaient souvent la même chose : ne pas savoir comment gérer les questions liées aux harcèlements ou aux agressions sexuelles.

De quoi ont-ils besoin ? Comment les informer ? Voilà ou se trouve le début de ma réflexion.

La protection de l’enfance a aussi besoin de son ‘’Téléthon et de ses Enfoirés…… tous unis !

et notre mission sera de créer l’évènement pour cette union.

Et puis,  il y a la politique de l’autruche. J’ai trop souvent entendu « oh non, mais je ne savais pas ou je ne veux même pas savoir tellement c’est horrible »

Oui,  violer un enfant c’est horrible, mais ça existe et des réseaux très bien organisés avec d’énorme moyens existent également et génèrent un business qui lève des millions….. comme le trafic de drogue ....

Alors,  j’ai une tolérance 0 au syndrome de l’autruche !

14/ Qui doit-on contacter pour vous aider à monter votre rendez-vous annuel et dans quels délais ?

 

Contacter moi asap

06 50 32 05 18

heros@festivaldesenfants.fr  

 

N.B : Les héros pour nous sont les enfants !

 

C’est avec une éducation bienveillante et positive qu’on leur permet de grandir en sécurité. Je dis souvent qu’on ne protège pas un enfant, mais on doit  lui donner tous les outils nécessaires pour qu’il puisse se protéger lui-même et ça …… toute sa vie.

1/ Qui êtes-vous Csilla ?

 

On me dit Créative et Enthousiaste mais, j’ai surtout l’esprit libre. On me définie également comme une Entrepreneuse mais je préfère dire : une «Entre-donneuse ». Je crois que si on veut voir des changements positives dans le Monde, on se doit, avant tout, d'agir déjà autour de soi.

Je suis d'origine hongroise mariée à un bourguignon qui est un "mi-Chabal" mi-ourson et maman d’un adorable mais, oh combien, espiègle petit gars de 6 ans …. j’adore cuisiner danser, l’océan, les tapas, le pays basque, la sieste sous les arbres et et recevoir.   

 

Quelle est la part de vous qui domine les autres : la Femme, la maman, la Présidente, la citoyenne ?

 

Les 3 parts se complètent à merveille, Je dirais à part égale mais, en ce moment, c’est surtout la présidente.

 

2/ Pouvez-vous nous présenter en quelques mots le projet Festival des Enfants dont vous êtes la Présidente-Fondatrice ?

INTERVIEW

Notre association, créée en Septembre 2019, est un projecteur qui met en lumière la problématique mais également les actions

et les solutions préventives; ses missions sont : 

 

L'organisation d'évènements autour de la protection de l’enfance, 

L'organisation et la tenue de conférences des ateliers thématiques mensuels

L'organisation du  FESTIVAL, rendez-vous annuel  autour de cette cause.

"La protection de l’enfance a aussi besoin de son ‘’Téléthon et de ses Enfoirés…… tous unis !"

3/ Quelles sont les missions de votre association et les projets majeurs mis en chantier  ou à venir ?

 

Nous proposons une programmation de conférences mensuelles avec un thème à chaque fois animé par les intervenants experts dans leurs domaines. Ces conférences seront accessibles à tous et gratuites car notre mission c’est avant tout que l’information passe, peu importe les statuts sociaux ou les revenus.

 

Notre première date : 15 Octobre 2020

 

Elle est calée avec un sujet passionnant qui durant le confinement a fait débat : “La gestion des écrans - Internet - Les réseaux sociaux” - Les sites pornographiques et leurs impacts sur les adolescents - Sécurisation des profils - contrôles parentaux – éducation confiance etc. …..  2h de conférence où l’objectif c’est de  sortir de là en ayant appris quelque chose d’utile pratique et facile à mettre en place.

 

La suite de la programmation :

 

20 Novembre : Éducation Prévention à l’Internationale / L’information sur les droits de l’enfant

Décembre : La pauvreté, les enfants victimes de la crise

Janvier 2021 : Prescription Consentement que dit la loi

Février 201 : L'estime de soi, enfant et sa sexualité Le développement psychosexuel des enfants

Mars 2021: Pratiques traditionnelles néfastes. Violence et négligeance  La justice pour mineurs.

Avril -Mai 2021: IT = outil pour sauver des vies ? Le dark web. L’exploitation sexuelle des enfants, Trafic et vente d’enfants. Collaboration internationale des pays, Comment ça marche ?

Juin : Violences éducatives et le handicap

 

Important !

 

Le 26 Aout 2020 nous lançons officiellement L’Association FDE.  Une soirée information et de présentation est prévue avec un spectacle enfants bien sur ;-) on invite la presse, nos adhérents nos partenaires et tous ceux qui sont curieux de découvrir qui nous sommes et ce que nous proposons concrètement pour les 12 prochains mois et années à venir.

 

4/ Pouvez-vous nous parler plus précisément du rendez-vous de septembre prochain au Haras d’Annecy ?

 

Le RDV FESTIVAL comme on l’avait espéré aura lieu en Septembre 2021. Avec la covid,  il était préférable de se concentrer sur ce qui est faisable et raisonnable de faire cette année. De plus, Les élections municipales ont été le théâtre de beaucoup d’incertitudes. 

Cependant, il est prévu de faire une animation afin de présenter le concept le 26 Septembre sur Annecy, nous allons communiquer asap sur l’évènement et l’animation spéciale, la bonne nouvelle c’est que nous avons créé des supers partenariats pour ce jour-là, alors surprise, mais je vous donne un petit indice : Prévoyez vos baskets !

 

5/ Sur votre site Internet se dégage une volonté majeure : « Mettre en lumière les associations qui œuvrent au quotidien dans la protection de l’enfance.»

 

Oui mettre en lumière mais avant tout, les rassembler et ça va être peut être assez délicat. Car les associations entre elles se font parfois la guerre  ……

 

5.1 / Pouvez-vous, svp, lister les actions des associations oeuvrant dans la protection de l’enfance et nous dire ce que le Festival des Enfants peut apporter à leur édifice ?

 

Les associations locales ont besoin de fonds – alors nous proposons d’organiser des soirées et des événements qu’on appelle les « levées de fonds « nous nous plaçons comme un véritable producteur d’évènement dans ce cas ( Concerts,  spectacles etc )

Les associations nationales ont besoin d’encrage, de proximité avec les gens, être sur le terrain et gérer les crises c’est leur mission mais il faut leur donner aussi la possibilité d’exprimer leur besoin, soulever des problématiques faire bouger les lignes, surtout sur les questions législatives. Nos événements seront là pour permettre justement ces échanges.

 

5.2/ Pouvez-vous nous dire ce que signifie : «Faire du Lien » ?

 

Créer un réseau, faire tomber les barrières des démarches administratives parfois trop complexes. Faire du lien entre les professionnels et les « civiles »

 

5.3/ Comment envisagez-vous, comme vous le dites, je vous cite : «D’offrir aux familles un moment joyeux et festif tout en soulevant de vraies questions autour des thématiques» ?

 

Alors ça c’était un sacré challenge en créant ce concept, ma stagiaire a même choisi comme problématique pour sa soutenance.

Comment parler d’un tabou sans tabou ? Comment proposer aux familles une journée festive en parallèle d’une conférence ou d’un atelier qui va traiter de l’inceste ou de harcèlement à côté de la pêche aux canards et des jeux de bois ? C’est justement là tout l’intérêt, la volonté de libérer la parole, permettre aux gens de vivre leur prise de conscience la plus simplement possible, sans la peur et sans cette panique. Poser toutes les questions sans avoir peur du jugement, être entourés, informés et éduqués par les professionnels, sans tomber dans le pathos.

 

Agressions sexuelles sur mineurs en France, que disent les chiffres ?

6/ De quels moyens disposez-vous pour aboutir  dans les missions de votre association et quels sont vos besoins ?

 

Nos seuls moyens aujourd’hui c’est : notre motivation….on est tous bénévoles,  une équipe de 10 personnes qui satellisent autour et me donne de son temps et de son énergie pour créer ensemble ce beau projet. Le nombre d’adhérents augmente un peu chaque jour et ça malgré l’absence d’un budget de com pour promouvoir …..donc c’est super c’est un bon début

Notre moyen pour aboutir dans les missions c’est de proposer des ateliers préventifs pour parents et enfants. En cours de création

Nos besoins :

-avoir le maximum d’adhérents pour démontrer que le problème de la maltraitance des enfants est l’affaire de tous

-Sponsors et Mécènes car c’est grâce à eux que nous sommes capable de proposer des conférences de qualité et gratuites pour le public.

-Soutient des officiels, départements, régions, rectorat, mairies

-Besoin de visibilité avec la presse et media pour faire connaitre notre mission

 

7/ Croyez-vous que les enfants d’aujourd’hui sont plus en danger que les enfants nés au siècle dernier ?

 

 

Le danger des enfants est différent au niveau de la forme de la

La maltraitance :

La faim 

La santé 

L’éducation 

Ces éléments ont « évolué » avec la société.... mais Il y a toujours eu un tonton ou un voisin pervers pour les attouchements voir pire….

mais avant c’était vraiment tabou d’en parler.

Aujourd’hui un peu moins

En ce qui concerne les personnes représentant l’autorité : professeur, entraîneur curé médecin etc ….il était difficile, voir impossible de les accuser d’agressions....

 

La non dénonciation est un crime pas suffisamment punie en France Comment ce chirurgien à pu durant des années abuser de ces enfants sans que personnes le dénonce ? cf l’affaire du chirurgien pédophile qui a fait plus de 250 victimes  https://www.cnews.fr/france/2019-11-25/chirurgien-pedophile-tout-savoir-sur-laffaire-le-scouarnec-871343

 

Le changement est très récent et ça, grâce au courage de  femmes et d'hommes comme Flavie Flamand, Sarah Abitbol, Andrea Bescond, Sebastien Boueil, Laurent Boyet, Mié Kohiyama. Tous ont su, à travers leur livres, leurs films ou leurs associations, partager leur histoires pour progresser dans la prise de conscience collective et la libération de la parole. Il faut en parler toutes les victimes vous diront la même chose : en parler trouver le moyen d’en parler.

 

La vague #metoo à aussi ouvert la voie et a entraîné une sorte de prise de conscience collective

Depuis quelques jours on voit le #Iwas aussi inonder le net, témoignages de milliers d’anonymes s'exprimant sur leur agressions vécues enfant. Imaginez un peu la force que cela nécessite, bravo à eux !

 

Ne te laisse pas faire !

 

Voilà le message

à donner aux enfants.

8/ Qu’est-ce qui, selon vous, ne va pas dans tout ce qui est engagé dans la protection de l’enfance ? Qu’est-ce qui manque ? Qu’est-ce  qui fait cruellement défaut ?

 

 Un Manque de moyens !!!

 

Quel est le budget de l’état pour la protection de l’enfance débloqué en 2019 ?  Il est de 30 millions d’euros, source https://www.la-croix.com/Famille/Enfants/Budget-2020-20-millions-deuros-manquent-protection-lenfance-2019-11-29-1201063445

 

Une affaire de priorité !

 

Florence Parly, ministre des Armées, le projet de loi de finances 2020 des Armées prévoit une hausse des ressources de 1,7 milliard d’euros, pour s’élever à 37,5 milliards d’euros.  N'y-a-t'il pas là  comme un hic ?

 

 Mais, poussons la réflexion plus loin en se posant de bonnes questions :

 

Quel coût représentent, pour l’état français, les soins apportés aux enfants et adultes victimes  de violences traumatisantes ?

Comment comptabiliser le nombre de malades lié à la dépression,  conséquence directe des années de maltraitance ?

L’Etat devrait refaire mieux  ses comptes en fonctions de ces données chiffrées, cela permettra une réelle prise de conscience et une modification substantielle des priorités *

* Cf le tableau des statisitiques ( ci-dessus )sur les violences sexuelles subies dans l’enfance et leurs lourdes conséquences sur la santé

 

Je vais même jusqu’à dire que c’est un investissement que la France doit engager sur plusieurs générations .

 

Sur les questions Législatives, la France a vraiment des efforts à faire et sur plusieurs leviers :

 

La parole de l’enfant est trop souvent mise en doute. Il faut davantage les écouter.  

En effet, selon de nombreux spécialistes, un enfant de 4 ans ne peut inventer des agressions de viol. Pourtant les affaires qui traînent ne manquent pas. L'incidence, quant à elle, est perverse. L ’enfant doit continuer de vivre avec la menace que représente, pour lui, le parent coupable.

Les moyens pour former la police manquent également cruellement. Les interrogatoires doivent être mieux adaptés aux petits et ce, dès 3 ans.

L’affaire des enfants placés, elle aussi doit trouver des réponses plus efficientes….. Il a fallu que l’émission Zone interdite fasse une primetime pour que l’opinion publique regarde enfin la réalité en face. 

 

Voici les retours de personnes de mon équipe qui travaillent pour la protection de l’enfance :

 

Il est urgent de donner aux professionnels les moyens de prise en charge : nombre d'encadrants par enfant , accompagnement adapté des enfants porteur de handicap qui se retrouvent placés en foyer de la protection de l'enfance sans suivi adapté, accompagnement et soutien pour les nombreuses familles d'accueils qui se retrouvent souvent en difficulté, avec des enfants accueillis sans pouvoir bénéficier d'aide ou d'etayage solide pour leur permettre le maintien du placement ( la solution n'est pas de les retirer de la famille mais bien d'aider a l'accompagnement ) et de ce fait éviter au maximum les ruptures familiales dans le parcours d'un enfant.

Les chiffres concernant les ruptures de familles d'accueil sont effarants : plus de formations, d'étayage, plus de contrôles aussi sont nécessaires ! 

Apporter une vigilance plus poussée quand au lien de la fratrie des enfants placés.

Allons plus loin et revoyons " la priorité du lien parentale biologique "  comme le mentionnent nos lois françaises .. Quelle est la limite de ce lien biologique quand celui-ci est "défaillant" au point de mettre à mal, le bien être de l'enfant et de ces possibilités de placement, voir d'adoption ?

 

Cela questionne, évidemment !

 

Les parcours chaotiques d'enfants ayant vécu de nombreuses ruptures de placement interrogent aussi fortement.

Comment ces enfants peuvent instaurer un lien de confiance avec un adulte quand, à 6 ans, il sont déjà passés par 3 familles d'accueil différentes ? 

Le manque de moyens est alarmant concernant les informations préoccupantes qui mettent des années avant d'être prises en charge et rendent, de fait, plus difficile le placement d'un enfant en âge avancé : Il faut plus de prévention en lien avec la PMI, les écoles ... 

Sujet également à traiter, la gestion de la protection de l'enfance par département car malgré certains bénéfices cela met aussi en lumière le manque de communication entre département et les failles de cette décentralisation comme la fuite de certaines familles  vers d'autres départements, lorsqu'ils se sentent " dans le collimateur " de la protection de l'enfance du département où ils vivent.

Exemple :

C’est une affaire hors normes sur laquelle la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) s’est prononcée ce jeudi 4 juin.

L’affaire Marina, petite fille de 8 ans décédée en 2009 de sévices infligés par ses parents, est restée emblématique du dysfonctionnement de la protection de l’enfance de l’époque. 

"Carences de l'enquête pénale, inertie fautive du parquet, décision de classement sans suite, carences des services sociaux et médico-sociaux, absence de communication entre services de protection, malgré la connaissance d'éléments sérieux et nombreux d'actes de maltraitance… 

Oui, ses parents déménageaient souvent et comme les services des différents départements ne communiquaient pas entre elles, les années de calvaire de la petite fille se sont poursuivis jusqu'à son décès" Grégory Thuan dit Dieudonné, avocat de l’association Innocence en danger : 

 

Le manque de structures, le manque de rigueur pour les suivis a domicile ( AED, AEMO)  qui souvent ne peut être appliqués par manque de moyens et d'outils d'évaluation pour identifier qualifier et répondre aux failles sur le terrain.

Pour finir, la revalorisation des professionnels de terrain devraient être plus entendue et considérée.Il faut davantage payer, soutenir et étayer par des formations individuelles. Cela fera  évoluer leur pratique dans le bon sens ( et pas que des formations collectives ) 

 

Sur le terrain, les professionnels de la protection de l'enfance font ce travail par choix, par vocation, ils ne gèrent pas une entreprise alors ne leur parlons pas de " prix de journée" de " dossier numéro"; Parlons plutôt de l'avenir d'enfant et de famille !

 

9/ A échanger avec vous, je crois que votre rendez-vous devrait-être national puis mondial. Partagez-vous ce point de vue et pour quelles raisons ?

 

Oui, le concept est duplicable et chaque région aura son Grand Festival des enfants en tous les cas c’est un rêve aujourd’hui devenu projet et qui deviendra bientôt réalité. Nous allons nous concentrer sur la proximité géographique et Genève aussi. J’ai déjà une équipe sur place très motivée à faire avancer le projet.

10/ Quelles sont, selon vous, les moyens humains, politiques, financiers et de communication dont votre projet à le plus besoin ? Qui peut-être un accélérateur ?

 

Ma satisfaction c’est de voir l’adhésion des familles entières avec les parents, grands-parents et les enfants. C’est inter-générationnel !

Le Département, je l'espère, comprendra un jour que l’on peut être complémentaires et travailler en collaboration. 

Si l’accélérateur est une personnalité publique, je demande : Soprano, Bruno Solo, Angel, Jamel Debbouze, Florence Foresti, Andrea Bescond, Omar Sy, etc.

Alors si vous lisez ces lignes, soyez les bienvenus ;-)

 

L’accélérateur politique : J'aimerais rencontrer Adrien Taquet Secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance et lui présenter FDE. Il me semble qu’il est actif et plus réactif que tous ces prédécesseurs.

 

Pour nous, l’accélérateur financier peut être aussi le soutient d’une fondation.

 

11/ La France est-elle en retard ou en avance sur les autres pays sur la question de la protection de l’enfance ?

 

Cela dépend du sujet abordé. Il faut comparer ce qui est comparable.

Exemple :   La castration chimique des pédophiles est un sujet sensible et objet de nombreux débats chez nous. 

 

Au Kazakhstan c’est décidé, il passe à l’action:

http://www.letribunaldunet.fr/actualites/castration-chimique-pedophiles-kazakhstan.html

 

En Suède tous les « châtiments corporels » sont interdits aux termes de la section 5 du chapitre 2 relatif aux actes du Gouvernement. Une peine incluant la castration chimique n’est dès lors pas conforme au système légal suédois. Les délinquants sexuels détenus peuvent, sur la base du volontariat – en contact avec des services médicaux hors administration pénitentiaire – obtenir une aide au moyen de la castration chimique lors de leur sortie de prison, en liberté conditionnelle.

 

En France c’est avec le consentement de l'agresseur. Ce qui fait débat aujourd'hui, c'est que la castration chimique ne peut être imposée à l'agresseur.

 

Là où la France doit rattraper son retard, c’est au niveau de l’éducation préventive. Nous avons rencontré les délégués au Rectorat de Grenoble en Novembre pour en parler car je suis obsédée par les ateliers d’empathie à proposer dans les écoles……

Depuis 1993 ça marche très bien au Pays-Bas et Danemark les résultats sont là mais la France traine pour les inclure dans son programme scolaire pourquoi ? Les initiatives ne manquent pas pourtant mais encore une fois ça reste des actions isolées, diluées au lieu de rassembler et d’intégrer systématiquement dans le programme scolaire, comme les maths ou l’histoire-géographie.

 

12/ Selon vous, quelles sont les urgences dont les solutions doivent être mises en chantier au plus vite pour optimiser la protection des enfants ? Sont -elles difficiles, d’ordres financières ou dépendantes d’un changement de regard sur le sujet par le plus grand nombre ?

L’urgence est au niveau de la législation et sur plusieurs sujets

 

13/ Sur votre site Internet sont apposées des statistiques. Pouvez-vous les commenter et donner votre vision des solutions à apporter ?

 

Les statistiques sont souvent difficiles à commenter car derrière ces chiffres, il y a tout simplement des vies gâchées.

 

J’y pense tous les jours. Sur une classe de 30 élèves aujourd’hui en France, 2 enfants ont déjà subi des violences sexuelles et ce, dès l’âge de 5 ans. Dans la classe de mon fils, ils sont 30. Alors, très logiquement, à la sortie des classes, j’observe tous ces enfants et je me pose cette question :  

 

Mais qui sont ces 2 ?

Préambule !

Petit, j'ai connu les déménagements successifs pour fuir un père violent. Sans le zèle d'un inspecteur de police, ma mère, l'un de mes frères, ma soeur ou moi-même serait peut-être mort d'un mauvais coup. Parler, écrire, dire sont les armes majeures du partage pour les victimes et les premiers pas vers une libération de l'esprit. Je crois que sur la protection de l'enfance, il y a urgence à partager les connaissances pour faire évoluer notre société et faire agir, sans plus attendre, celles et ceux qui nous gouvernent. De nombreux auteur(e)s ont posé sur le papier les traces indélébiles d'une enfance malheureuse. Je trouve dans le projet présenté dans ce dossier spécial un lien fort avec les mots et une phrase qui, je l'espère sincèrement, trouvera écho du plus grand nombre : Tous Unis pour la protection de l'enfance !

 

Stéphane Théri