A La rencontre de Delphine Groux

"Le rêve est la forme sous laquelle toute créature vivante possède le droit au génie, à ses imaginations bizarres, à ses magnifiques extravagances."

Jean Cocteau

Entre mots & coups de crayon

I N T E R V I E W

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1/  Qui êtes-vous Delphine, une artiste , une graphiste, une illustratrice, une fée perdue ou encore une artisane ?

 

Un peu tout ça, à l'exception de "fée perdue" qui peut prêter à confusion… Ajoutons butineuse, plastigicienne, écriteuse, grimoiricienne, bijoutineuse,  faiseuse de rêves… et  bien sûr, directrice en chef de mes univers parallèles.

 

2/ A quel âge avez-vous compris que le dessin et le graphisme seraient les bases de votre parcours professionnel ?

 

Je pense que je devais avoir 11 ans lorsque j'ai donné cette réponse: "je voudrais faire quelque chose dans le dessin animé". Plus tard, lors d'un premier emploi, j'ai été décoratrice couleur à IDDH, pour "Prince Valiant" et "Phantom 2040"...

 

3/ Que vous a apporté l’école des beaux arts ? Qu’est-ce que cette étape de vie a révélé ou conforté ?

 

Tant de choses. Cela a révélé davantage mon identité en me permettant de développer par exemple ma capacité à réfléchir sur les choses, à m'affirmer et à évoluer dans un cadre où la liberté était aussi un support d'apprentissage. En outre, cela m'a aidé à concevoir la différence comme une normalité, et l'uniformité comme une défaillance sociale. C'était le contraire du lycée où votre personnalité est noyée dans une "éducation" qui n'a rien à voir avec qui vous êtes. Les enseignants en arts plastiques pensaient que les Beaux-arts n'étaient pas faits pour la timide que j'étais. Bien au contraire… Je dois notamment beaucoup à certains professeurs comme le poète-essayiste Philippe Sergeant ou le sculpteur Cyrille Bartolini, pour ne citer qu'eux.

 

4/ Aujourd’hui, quelle part de votre planning hebdomadaire consacrez-vous à la création ?

 

Je n'ai pas de planning, je ne compte pas et mon travail de création n'est pas un exemple de régularité. Cependant, le processus de création peut s'activer partout et n'importe quand, dans le jardin, dans la cuisine, en marchant dans la rue… au réveil.

 

 

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Profession : Artisane fabricante en féerie

Formation en Art & Communication à L'École Régionale des Beaux-Arts d'Angoulême ; diplôme de "Bande Dessinée - Art Narratif et Visuel" (1988/1993).

Décoratrice dans le dessin animé (1992/1994).

Intervenante en modelage de la terre, arts plastiques, dans les écoles et MJC (1997/2001).

Membre actif de l'association d'artistes Carrefour de la Création (2000/2004)

Expositions (peintures et installations)

Scénographies d'expositions et conduites de projets artistiques: communication, catalogue d'exposition, direction d'ateliers, etc. (2001/2009).

Réalisation de fresques murales (2004/2005).

Infographie: couvertures de magazines (depuis 2017), logos (a-ha, convention 2016)…

Créatrice d'objets féeriques (illustrations & textes, papeterie, bijoux, décorations… depuis 2014)

Textes éparses dont :

 "Les Douze Travaux d'Hector" (illustrations, texte narratif et poèmes ; 1993 - non publié)

"Le rat" (BD courte éditée dans le recueil collectif "Au fil du Nil" ; 1993)

"Blanc comme Neige" (histoire illustrée pour enfants ; 2011 - non publiée)

- "La petite histoire" ; Tome 1: "Carméline, la sorcière d'octobre" ; Tome 2: "La Licorne Pourpre" (contes féeriques ; 2012/2015)

"Le Pouvoir du Créateur" (court essai sur David Bowie, la création et la mort ; 2016)

"The Fifth Instar, ou la poussière d'étoile" (nouvelle fantastique ; 2018 - non publiée)

"Le printemps d'Alissandre" (récit poétique ; 2018)

"Alissandre et l'hirondelle de Noël" (conte de Noël ; 2019)

 

Actualités

Préparation d'une exposition artistique (mixed media…), cogitation sur la réouverture estivale des boutiques en ligne (à suivre…), couverture pour le prochain magazine de Sophrologie Dynamique®.

BIOGRAPHIE

BIBLIOGRAPHIE

 

6/ Comment est né : «Alissandre et l’hirondelle de Noël » ? Est-ce le début d’une collection ?

 

D'instinct, j'avais d'abord donné ce titre à l'un de mes colliers à l'effigie de mon personnage Alissandre, la reine des fées. Comme tout le monde, je constate que les hirondelles ne font décidément plus le printemps. J'ai alors eu envie d'écrire ce conte de Noël truffé d'étincelles écologiques, dans une ambiance qui nous ramène à l'enfance mais avec un regard adulte tourné vers l'avenir… une manière de participer à l'entretien de notre mémoire collective. Ce texte pourrait rejoindre la série intitulée "La petite histoire". Pour le moment, elle ne compte que deux tomes ("Carméline, la sorcière d'octobre" et "La Licorne Pourpre"), imprimés en quelques exemplaires artisanaux sous forme de cartes-livre. L'idée était de faire une série de portraits de chacun de mes personnages féeriques à travers une "petite histoire".

5/ Qu’est-ce qu’une création féérique ?

 

C'est une création qui semble sortir d'un monde extra-ordinaire, qui stimule l'imagination, qui réveille l'enfant endormi en vous, qui vous fait voyager au pays des merveilles… ou bien c'est un objet magique confectionné par une fée.

7/ Evoluez-vous dans un univers singulier ?

 

J'aime beaucoup le concept de singularité qui s'apparente souvent à l'étrange et au mystérieux. C'est d'ailleurs un terme utilisé en astrophysique pour désigner le centre d'un trou noir, une région énigmatique : la singularité gravitationnelle. Dans un esprit d'analogie poétique, je dirais que je tends à évoluer dans des espace-temps qui me sont propres.

 

8/ Cela vous parait-il difficile de mélanger textes, illustrations et design ?

 

Non, dans la mesure où cela se présente à mon esprit comme un tout. J'ai l'idée d'un personnage, avec sa personnalité, une projection mentale de son apparence et une vague histoire. Le design graphique découle directement de cette conception générale. Par exemple j'ai dessiné Carméline dans la perspective de sa personnalité, des symboles et objets qui l'accompagneraient (araignée, pierre, champignon, tons orangés, rouge carmin…). La typographie et l'habillage graphique façon "dentelle" se sont imposés naturellement. Les objets sont ensuite un support supplémentaire à exploiter comme une toile vierge... Le mélange des genres est une récurrence qui semble définir mon expression artistique. La combinaison des visuels et des écrits, en particulier, est une inclination qui trouve sa source dans mon enfance. J'aime que les images créent du sens et que les mots nous incitent à la visualisation.

 

9/ Pouvez-vous, svp, nous dire quelques mots sur les ailes de Coco.

 

Cocco, c'est le nom de la coccinelle qui m"a servi d'avatar lors d'un concours. Lorsque j'ai ouvert une boutique en ligne pour vendre des créations artisanales, je l'ai naturellement nommée Les ailes de Cocco. Je fabrique ou customise des objets (bijoux, papeterie, boîtes…) sur le thème du merveilleux, dans une démarche très personnelle. En principe une création est en rapport avec un personnage que j'ai imaginé (illustration, nom, histoire), de sorte que chaque objet comprend un peu de son univers. Mais il y a aussi des collections qui s'articulent plutôt autour d'un thème, comme Les fioles Magiques. Dans ce cas, l'histoire (et parfois le personnage) est intrinsèque à l'objet féerique. Ainsi, le dragon Lócëanna m'a été inspiré par le pendentif-fiole contenant un œuf de dragon miniaturisé.

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10/ Cela vous parait-il difficile de mélanger textes, illustrations et design ?

 

Non, dans la mesure où cela se présente à mon esprit comme un tout. J'ai l'idée d'un personnage, avec sa personnalité, une projection mentale de son apparence et une vague histoire. Le design graphique découle directement de cette conception générale. Par exemple j'ai dessiné Carméline dans la perspective de sa personnalité, des symboles et objets qui l'accompagneraient (araignée, pierre, champignon, tons orangés, rouge carmin…). La typographie et l'habillage graphique façon "dentelle" se sont imposés naturellement. Les objets sont ensuite un support supplémentaire à exploiter comme une toile vierge... Le mélange des genres est une récurrence qui semble définir mon expression artistique. La combinaison des visuels et des écrits, en particulier, est une inclination qui trouve sa source dans mon enfance. J'aime que les images créent du sens et que les mots nous incitent à la visualisation.

 

 

11/  Le confinement a-t’il été dommageable à votre créativité ou au contraire, bénéfique ?

 

J'étais motivée pour développer une collection de bijoux en wire wrapping autour de l'histoire d'une fée minérale. Ce travail commencé depuis longtemps me tient à cœur. J'ai dû remettre mes commandes de matériel à plus tard et geler mes boutiques en ligne. L'envie de bijouter a aussi été bloquée ; l'esprit n'y était plus. La créativité s'est exprimée ailleurs…

 

10/ Quelle est votre actualité ?

 

Je mets entre parenthèses Les ailes de Cocco pour me consacrer à un projet très différent, une exposition artistique qui devrait, si l'actualité le permet, avoir lieu en janvier 2021 au CSCS Amicale Laïque de Saint-Yrieix sur Charente. C'est une proposition personnelle visant à sensibiliser les gens, enfants et familles en particulier, au problème du harcèlement moral. Tableaux en mixed media, lettres-objets et textes mettront en scène un vocabulaire inhérent à la thématique. Jouant sur la contradiction, la gaieté, les couleurs, la fantaisie, l'humour et même la poussière de fée investiront les œuvres. L'exposition est un concept en soi, pas juste une accumulation d'objets artistiques. En cela la démarche est proche de mon travail pour Les ailes de Cocco.

gallery/Elfe-sylvestre-groux-2020
gallery/toile-Snégourotchka-groux-2020
gallery/carte-licorne-groux-2020 - copie
gallery/vanora-texte-groux-2020
gallery/carméline-carte-livre-groux-2020