Midge Maisel

Madame Maisel femme fabuleuse ...

 

Voilà le printemps qui pointe le bout de son nez. La période est étrange et nous sommes vivement encouragés à rester à l’écart les un(e)s des autres. Je me suis donc naturellement tournée vers une série Feel-good. C’est-à-dire une ces séries qui vous donne envie de vous lover dans votre canapé préféré, de mettre les smartphones en sourdine et de vous délecter en oubliant pendant quelques minutes les émois du monde extérieur. 

 

Je souhaite vous inviter dans l’univers de Madame Maisel.

 

La fabuleuse Madame Maisel est une création de Amy Scherman-Palladino. Série américaine diffusée sur Prime-Vidéo depuis 2017 (3 saisons). Ayant obtenu en 2018 deux Golden Globes pour meilleur série comique ou musicale et meilleure actrice dans une série comique ou musicale.

Midge Maisel

 

Qui est-elle ? Le titre dit-elle que c’est une créature fabuleuse. Au sens littéral oui, selon le littré ce qui est fabuleux, tient de la fable, de l’imaginaire. Et Miriam Maisel est une création, le personnage n’a pas existé, mais le problématique mises en lumière par la série ont-elles une vérité historique, étayée par le présence de personnages ayant existés.

 

Nous sommes aux Etats-Unis en 1958. Miriam Maisel, dit Midge, a une jolie vie bien remplie. Femme au foyer juive, elle habite un grand appartement dans un quartier chic de New-York. Elle est très coquette et raffole des nouvelles tenues à la mode qu’elle peut se permettre d’acheter. Elle est avant tout, la très belle jeune épouse de Joël Maisel, homme d’affaire affecté par le blues du businessman. Il veut être un artiste et pas n’importe lequel, un comédien de stand up. Un de ces humoristes qui nous font rire en relevant l’universelle absurdité des situations cocasses qui jalonnent notre existence. Mais voilà, Joël Maisel n’est vraiment pas fait pour cet exercice. Il est nul. Et même si avec amour et humour, sa jeune épouse le soutient, Il a besoin de davantage pour se sentir exister. Il finit donc par trouver un appui supplémentaire dans les bras d’une autre femme. Comme c’est un homme qui se veut intègre, même s’il a volé le sketch d’un autre pour se faire valoir, il décide de quitter la mère de ses enfants. Un soir, il le lui annonce, après avoir donné une représentation particulièrement catastrophique. Myriam trouvant quant à elle le réconfort au fond d’une bouteille, se rend dans le comedy-club où se produit son futur e-époux et monte sur scène pour vider son sac. La performance hilarante et iconoclaste est très applaudie, jusqu’au moment où Midge dévoile sa poitrine qu’elle a très jolie certes, mais qui n’impressionne pas le policier qui l’emmène directement en prison. Elle est arrêtée pour attentat à la pudeur.

 

Vous savez ce qu’est la magie d’une histoire ; c’est quand les choses semblent tourner mal que le destin (le ou la scénariste) donne un coup le pouce qu’il faut savoir saisir. Notre héroïne, Madame Maisel, va rencontrer derrière les barreaux, Lenny Bruce comédien de stand-up renommé, ayant réellement existé, avec lequel elle va se lier d’amitié. Lenny est familier de postes de police le vocabulaire fleuri qu’il emploie sur scène ne seyant pas aux âmes fragiles de l’époque. C’est à la suite de cette rencontre que la vie de Midge prend une nouvelle direction. Contre l’avis de tous, et notamment de son père, interprété par l’excellent Tony Shaloub (superbe dans Monk), elle se lance clandestinement dans une carrière de stand-up. Ce qui donne prétexte à une suite d’aventure amusantes, touchantes sur fond des réalités sociales et morales d’une Amérique entrain de changer.

 

Ce que j’aime dans cette série, c’est pour commencer la façon dont on aborde la position de femmes qui font de la comédie sur scène et des masques dont elles doivent s’affubler pour être accepter de leur pairs. Le problème persiste. Et si Joan Rivers a pu s’imposer, avec ses bijoux, ses hauts-talons et son maquillage c’est en se présentant comme un personnage dont on pouvait se moquer. Elle en avait souffert même si elle ne s’en était ouverte qu’à ses proches. Madame Maisel me rappelle en quelque sorte Joan Rivers que j’ai beaucoup appréciée. Juive, femme au foyer, humoriste et ayant un rapport avec la mode très étroit Joan Rivers ne mâchait pas ses mots, et choquait l’Amérique bien- pensante et son revers, l’Amérique politiquement correcte, ce jusqu’à sa mort.

On y aborde aussi la vie des femmes au foyer dans les familles bourgeoises et la façon dont leur existence faisait d’elles des personnes mineures passant de l’autorité paternelle à l’autorité maritale. Le fait que Midge soit juive renforce le problème en ajoutant le poids d’une société dont le point de vue moral et religieux accable les femmes sur lesquelles reposent la stabilité et la solidité du foyer. Midge en est réduite à mentir et à faire des sacrifices pour pouvoir réaliser son rêve. La question demeure de nos jours et c’est ce débat que je trouve intéressant. Les choses ont-elles réellement changé ?

Je recommande cette série parce qu’on passe un bon moment. Et même si certains sujets graves comme la ségrégation, le sexisme, l’antisémitisme ou la lutte des classes sont abordés, le ton reste au divertissement. Ce qui n’empêche pas de pousser plus loin la réflexion.

 

Peut-on la regarder en famille ?

 

Voyons... Tout dépend de votre degrés de permissivité. Il n’y a pas de scène olé-olé, mais la teneur de certains discours pourra prêter à d’intéressantes discussions en famille. Les textes de Midge admirablement interprétés par Rachel Brosnahan sont savoureux et drôles à souhait. Si vous pouvez suivre en anglais les jeux de mots sont d’une hardiesse qui fait rougir et glousser notre petite âme innocente et pure. En français, le doublage est honnête et la traduction est fidèle autant que possible, ce qui est très difficile en matière d’humour. Mais les sujets abordés par Madame Maisel tournent beaucoup autour des relations hommes-femmes, donc à vous de voir.

 

C’est selon moi une série agréable à partager avec des ami(e)s, les lendemains de fêtes et à binge- watcher (regarder non-stop) sans modération.

 

On se dit à bientôt !

 

FKN