"Dans ce numéro, j'ai décidé de vous parler de l'Isaac Circus, le roman de Stéphane Théri que je remercie pour sa confiance. "

 

Delphine Rabiller

La Chronique de Delphine

P a s s i o n   E m o t i o n   P a r t a g e

Roman de Stéphane Théri

 l'Isaac Circus
BIOGRAPHIE

 

Stéphane Théri est né en 1963.

 

Il est le 6ème d'une famille de huit enfants. Sa mère, femme de ménage subit devant lui et régulièrement les agressions de son père qui vient certaines nuits frapper à coups de pieds dans leur porte jusqu'à la faire tomber et frapper sa mère. Un soir, Il n'a alors que 8 ans, son père fera tomber la porte et essaiera de poignarder sa mère sous ses yeux et les yeux de ses frères. L’intervention d’un voisin et quelques minutes plus tard, celle de la police, éviteront, ce soir là, le pire. Mais dans la tête de Stéphane, quelque chose s'est rompu. Ses nuits deviendront aussi blanches et aussi longues que ses angoisses et ses peurs de petit garçon. La misère, l'ombre des HLM de Nanterre et tout ce qui peut définir la vie d'une famille très démunie façonnera son caractère mais lui révélera aussi l'immensité de son humanité. La lecture et sa passion pour le cinéma seront, avec l'écriture, les seules échappatoires.

 

Au lycée, bien que sa trajectoire soit compliquée par une attitude extrêmement marginale, il va surprendre les professeurs par ses mots. Certains souhaiteront le rencontrer et prendre le bus avec lui pour discuter de ses dissertations. D'autres essaieront de construire avec lui des liens exceptionnels comme son professeur d'éducation physique qui lui évitera l’exclusion lors d’un conseil de discipline. Ses professeurs de français enverront certains de ses textes à l'académie. Malgré la volonté du proviseur de son lycée de l’expulser, il poursuivra, fort du soutien de certains professeurs, son parcours scolaire jusqu’à l’obtention de son Bac.

 

Son Bac en poche, il entâme son parcours professionnel qui sera aussi agité que son enfance. Après avoir été comptable, directeur France de Marque pour des groupes tels que Benetton Sport System, Yamaha et la Chineese Bicycle Company, il fini par monter son agence de conseil en marketing et communication (A & O) . Durant cette période, Stéphane accompagne de grandes organisations professionnelles et travaille même pour le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche.  Durant toutes ces années, il va au cinéma presque tous les jours et ne cesse d'écrire ( scénarios de courts et longs métrages, nouvelles, romans ). En 1999, il écrit et dépose au WGA de New-York le scénario du long métrage "Help Wanted" qu'il proposera (sans succès) à la société de production de Clint Eastwood, Malpaso.

 

S'en suivra une échappée de 4 ans en Amérique du Nord, échappée durant laquelle il va écrire et comme il le répète, stabiliser son écriture.  Liberté et indépendance sont, comme l'image et le texte, les fondamentaux de sa vie. Depuis son retour, Stéphane travaille sur un projet éditorial de plusieurs tomes retraçant différentes époques de sa vie pour y traiter les maux de notre société. 

 

Résumé

 

Alors que des techniciens s’affairent dans son église à préparer la retransmission télévisuelle de sa cérémonie d’obsèques, l’abbé Duflot ne contrôle plus son stress.

 

Dehors, sur la place de l’église une foule d’anonymes ne cesse de grossir ses rangs. Des hommes politiques et des personnalités du Monde entier sont attendus.

 

La mort d’Achille a bouleversé l’humanité toute entière. Il se rappelle de son jeune comparse et bouleversé se repasse le film depuis le premier jour. Aussi fulgurante que fût leur connivence, la mort d’Achille avait laissé notre curé KO.

Mon avis

 

Juste avant la cérémonie pour les obsèques d’Achille, l’abbé Duflot ouvre une vieille boite en ferraille précieusement gardée et en fait jaillir un flot de feuilles. Il se remémore sa rencontre et son aventure avec Achille.

 

Achille petit garçon de 13 ans vit dans une cité de banlieue, avec sa mère et ses frères. Il a pour meilleur ami Mébareck et Isabelle dont il est secrètement amoureux.


Achille est, du haut de son petit âge, avide de connaissance et avec une répartie sans faille. Il veut bousculer les codes de cette société qui laisse sa famille et les gens de la cité à l’abandon.

 

La « cité » c’est la jungle !!!! Vols, viols, agressions, insalubrités et situation précaire. Tout est réuni dans cette cité pour faire d’elle l’endroit où l’on ne doit pas entrer !!!!


Achille est en colère et use de toutes ses connaissances pour aider les plus démunis parfois avec un peu trop de violences verbales et sans réflexion.

 

Il va rencontrer, après avoir fait le mur de l’église avec son comparse Mébarek, l’abbé Duflot qui va être un atout précieux dans sa quête de changement et de partage en le canalisant envers la société et l’aider à regarder et réfléchir autrement.

 

Mais ce qui va le plus changer Achille et mettre ses idées, son courage et sa force à toute épreuve, ce sera l ’énorme drame qu’il va vivre et qui va le toucher au plus profond de son cœur.

 

Avec un cahier empli de poésie et deux feuilles de papier laissés à son attention, Achille va mettre à bon escient tous les conseils prodigués et va braver les interdits, contourner les lois sans jamais  se mettre à défaut. Il va ainsi réunir les hommes et les femmes de tout horizon et créer « l’Isaac Circus ».

 

Entrez donc sous le chapiteau de l’Isaac Circus pour découvrir comment l’ingénieux Achille à rassemblé les hommes et fait parler de lui mondialement.

Ma conclusion

 

Avec son roman, Stéphane Théri nous emmène dans les problématiques des  banlieues et de leurs cités.

 

Nous suivons Achille dans sa quête de rassembler tout homme qu’il soit boiteux, aveugle, noir, démuni ou bourgeois.

 

Tous les personnages au fil du récit évoluent et prennent de l’importance. On rit, on pleure, on rêve, on aime et surtout on vit ce roman, tant il est intéressant par sa description et les valeurs que veut transmettre l’auteur.

 

L’écriture est fluide et les pages se lisent très facilement. L’auteur a voulu faire passer un message et il y parvient avec force.

 

Alors, Stéphane, je te souhaite de réaliser ton vœu pour l’Isaac Circus car il le vaut bien, je te remercie de ta confiance et de ta bienveillance.

Extrait de  L'Isaac Circus :

 

Achille leva les yeux pour plonger son regard dans les yeux du vieux monsieur, alors inondés de tout l’amour qui les rendait si proches. Ils se serrèrent un long moment dans leurs bras, avant de rejoindre la bibliothèque où Achille se retrouva planté devant des milliers de livres. Il n’en cru tout simplement pas ses yeux. Du sol au plafond, de toutes tailles et aux couvertures de multiples couleurs, les livres tapissaient les quatre murs de l’immense pièce. La hauteur sous plafond était telle qu’une échelle à roulettes y avait été installée. Sans elle, il eût été impossible d’accéder aux dernières étagères. Il n’avait jamais rien vu de semblable. Bien sûr, la Bibliothèque Municipale lui offrait, elle aussi, une quantité impressionnante de livres. Mais la salle n’avait rien de comparable avec la beauté et l’ambiance de celle-ci. C’était tout simplement magique. Il y régnait une atmosphère indicible, qui forçait le respect. Même au risque de passer pour un crétin, il se décida à interroger le vieil homme sur cette sensation :
- Puis-je vous demander quelque chose, s’il vous plaît ?
- Oui, bien sûr !
Achille cherchait ses mots, et tardait à poser sa question quand le vieil homme le relança :
- Allez-y ! N’ayez pas peur d’être ridicule. Si, de façon indéniable, les livres que nous ouvrons nous parlent à tous, sachez que, fermés, ils ne peuvent qu’entendre ce que nous disons mais sans pouvoir le répéter. Personne d’autre que moi ne peut se moquer de vous, et je ne crois pas en avoir envie.
- Et bien, je voulais savoir si, comme moi, vous avez le sentiment étrange que tous ces livres nous surveillent. Ma question est idiote, non ?
- Non Achille ! Moi aussi, je ressens toujours une sensation quand je m’installe ici pour lire. Je dirais que ce qui m’imprègne ressemble, non pas à une surveillance, mais à une attente. Peut-être est-ce leur désir commun de ne pas être oubliés, d’être à nouveau ouverts. En ce qui me concerne, je crois que toutes les pages que j’ai pu lire et tourner dans cette pièce ont libéré leurs âmes ou celles de leurs auteurs. En tout cas, il me plaît de le penser.