Le billet de Muriel David

Juriste - Directrice 

Association L'enfant bleu de Lyon

 

A l’Enfant Bleu Lyon, comme dans tous les centres de prise en charge de « L’Enfant Bleu », nous accueillons enfants et adultes, victimes ayant subis des maltraitances dans l’enfance.

 

Maltraitances sexuelles, physiques, psychologiques, le harcèlement scolaire et le cyber harcèlement font désormais partie intégrante de nos services.

 

Nous accompagnons psychologiquement et/ou juridiquement chaque personne qui le souhaite.

 

Afin de briser le silence, mobiliser le plus grand nombre et, former aux réalités des maltraitances, nous sensibilisons par la prévention et la formation.

 

Accueillir une victime d’abus, quels qu’ils soient, est délicat et très souvent, elles n’ont pas été crues, entendues ou ont été dans l’obligation de garder le silence ; elles ont été niées.

 

Silence qui protège leur bourreau, silence qui protège la famille, silence qui évite le scandale et les « on dit » :

 

Que faire pour briser le silence ?

Comment sensibiliser le plus grand nombre ?

Qu’est-ce que chacun peut faire pour aider, pour briser le silence et accompagner tous ceux qui luttent contre la maltraitance faite aux enfants ?

 

Comment ?

 

On doit en parler...

...Au titre de victime

En parler.

Témoigner est devenu possible via les réseaux sociaux, la presse, les revues etc.
De plus en plus, L’actualité se fait l‘écho des victimes qui n’ont pas pu, pas osé encore franchir ce pas et, aide en cela.
Beaucoup de groupes, de pages, de comptes se sont formés sur les réseaux sociaux et permettent à beaucoup de victimes de s’identifier et témoigner.

 

 

Pour pouvoir en parler, il faut être soutenu, accompagné tant psychologiquement que familialement et /ou amicalement, et désormais par toutes ces victimes ou personnes qui, se mobilisent ici ou là et, qui permettent aux personnes les plus isolées, d’être comprises, épaulées.

Parler devient alors une possibilité, parfois un combat, une survie
Quelle qu’en soit la raison, la motivation : parler libère
Ainsi, lire la défense de ses droits, les conséquences des maltraitances, les combats

menés, donnent une légitimité d’exister aux victimes, peut-être de pousser la porte d’une Association, d’un soignant, d’un avocat ....

Cela engage souvent vers une thérapie reconstructrice, nécessaire à la survie et au bon développement de la victime dans sa vie future

 

▪ Au titre de citoyen :

 

Ecrire, liker, partager permet d’engager un combat de masse qui mobilise, interpelle et aide à bouger les certitudes, les pratiques ancrées et erronées

Les indignations marquées, les colères, les revendications, à force de courage et de constance, ébranlent, jour après jour, ces pratiques obsolètes pour savoir accueillir la parole d’un enfant, d’une victime, l’accompagner et la restaurer.

 

Sur le terrain et de manière concrète, ce n’est pas faire de la délation que de prévenir les autorités compétentes en cas de violences, abus observés, entendus, ou vus sur un enfant : c’est faire son devoir de citoyen, d’humain et, peut-être, empêcher un crime ou un délit avenir sur un enfant.

Le cas échéant, c’est de la non-assistance à personne en danger, non dénonciation de mauvais traitements etc.

C’est un outil que la loi nous donne et, non un acte de délation

Pour résumer, si vous recueillez la parole d’un proche, d’un ami, d’un conjoint et quelle que soit la violence subie :

Accueillez là avec bienveillance et, engagez cette personne à se tourner vers des professionnels formés qui pourront l’aider. Ne jamais dire :

« Pourquoi, tu n’as pas dit non ? Pourquoi n’as-tu pas parler plus tôt ? tu exagères ! »

Ne jamais dire à un enfant « tu dis n’importe quoi » mais prendre en compte sa parole

Observez les changements de comportements et, s’il le faut, donnez-lui un espace ou il sera en confiance, avec un professionnel formé, qui pourra l’aider à libérer, peut-être, l’inimaginable

 

Devenez et soyez vigilants.
Comme nous le répétons inlassablement : « ne fermez pas vous yeux et ne bouchez pas vos oreilles »


Il y a toujours la possibilité :

 

D’appeler le numéro pour l’enfance maltraitée, au 119, ou, d’envoyer un formulaire via le site du 119


D’appeler une Association de protection des victimes qui vous aidera dans vos démarches

 

▪ Si vous avez le moindre doute : il vaut mieux avoir peur de se tromper que de ne rien faire

▪  Ne vous abstenez pas lorsque vous entendez des paroles violentes, déplacées, des pleurs et / ou des gestes qui interpellent, des comportements inadaptés face à l’enfant

▪  Que ce soit votre famille, vos amis, vos collègues ou un quidam : agissez car l’enfant est une priorité.

 

« Ce combat est celui de tous : chaque citoyen peut contribuer à la lutte contre la maltraitance par un geste, une parole ...qui peuvent sauver une victime, qu’elle soit enfant ou adulte »

 

Vous n'êtes pas encore convaincu, cliquez sur l'image ci-après !

Personne n'a le droit de te faire ça !