Martine Magnin

Auteure 

Martine, en quelques mots :

 

Martine Magnin est passionnée de philosophie, de psychologie et de sémantique. Après une carrière dans la Communication et les Relations Presse, puis le commerce des Antiquités, elle laisse s’exprimer son goût pour l’écriture. L’humain, les femmes et les mères sont au cœur de ses préoccupations et de ses textes. Elle est petite fille, fille, nièce, et sœur d’écrivains édités et reconnus chacun dans un genre d’écriture très différent. Martine est mariée, mère, grand-mère et partage sa vie entre Paris et le Gard, avec une nette préférence pour ce dernier.

BIBLIOGRAPHIE : 

 

Fiction, « Le Baiser de Gustav », 2019 - Ed. Pierre Philippe

Récit-témoignage « Le Confort de l’Autruche » 2019 - Ed. Fauves

Thriller « Bien Mal Acquis… » - 2019- Ed. Librediteur

Fiction « À l’ombre des Saules en Pleurs » 2020 – Ed. Fauves

Récits « Colliers de Nouilles » 2020 - JDH Ed.

Essai – « À vos souhaits – 2020 - KDP

Récit-fiction « La mort sur son 31 » - 2020 – Ed. Encre Rouge

Récit – « Qu’importe le chemin » - 2020 – Ed. Fauves

Récit – « Collier de Femmes « - 2021 – Ed. Encre Rouge

Dico – « Petites Histoires de la Mode » - 2021 —Ed.Jourdan

Le confort de l'autruche 

Roman autobiographique

Un rendez-vous avec la sincérité et l'émotion pour, peut-être, en finir avec le silence...

1/ Martine, qui est Jenny, une ombre indélébile, une partenaire de vie, une porte ouverte sur l’introspection et le partage, une voie vers la liberté, une voix pour la liberté, autre chose ?

 

Jenny, est mon deuxième prénom. La voix qui peut exprimer ce que ma pudeur a caché pendant des années, une petite fille silencieuse, obéissante, sensible qui attendait juste que quelqu’un entende ses silences et son mal être.

 

2/ Que trouve-t-on dans votre roman autobiographique « Le confort de l’autruche» ? Qu’est-ce que le confort de l’autruche ?

 

C’est un espace douillet où certains adultes préfèrent ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire et surtout ne rien faire pour préserver leur quotidien et leur image d’eux-mêmes.

 

3/ La gestation de ce roman a-t-elle été semblable à celle de tous vos ouvrages ou différente ? Pouvez-vous, svp, justifier votre réponse ?

 

C’est mon premier texte, la libération de la parole, la clé d’une logique qui me manquait, l’ouverture vers la vérité, vers la conscience et la vigilance. Calfeutré loin dans les recoins de ma mémoire, il attendait patiemment qu’on lui permette de voir le jour, et même si l’accouchement en a été douloureux, c’est loin d’avoir été aussi toxique et nocif que les années de silence qui ont précédé. Depuis j’écris avec plaisir et sans douleur ou presque, d’autres récits, des fictions, des essais et même un dictionnaire.

 

 

 

4/ De ces trois mots, lequel vous semble le plus à même de définir ce livre : Vérité, résilience, douleur ? Pouvez-vous, svp,  justifier votre réponse ?

 

Ce livre est ma vérité, il m’a fondée dans la douleur et permis de grandir sans honte ni mensonge. Ce livre est aussi la lumière après l’obscurité.

 

EXTRAIT : 

"Que faisait-il au sein de cette mini famille fragile, de cette trilogie féminine ?

Il semblait « déplacé ». Comme  si la fameuse araignée appelée la Veuve noire s’installait dans une boîte de gourmandises.

Pourquoi s’était-il déplacé, d’ailleurs ? Il aurait mieux fait de rester là où il était avant.

Mais bon, il était là et bien là. Il allait falloir vivre avec cette bestiole nuisible."

 

 

 

5/ Avez-vous eu le goût de l’écriture  ou avez-vous ressenti le besoin d’écrire comme pour vivre mieux, plus forte et plus libre ?

 

En fait, j’ai toujours écrit, mais pour les autres, pour mes clients lorsque j’étais en agence de communication et je suis née aussi dans une famille de plumes, de plumes d’autruche peut-être, mais tout de même une famille où l’écrit et la lecture faisaient partie du quotidien.

 

6/ Aujourd’hui, quelle définition donnez-vous au mot « Maman» ? Quelle maman êtes-vous ?

 

 J’ai été une maman imparfaite, mais sincère, attentive, généreuse, courageuse, voire teigneuse, car j’ai rencontré plus tard de nombreux autres soucis. Mais être mère est pour moi la plus réjouissante des expériences, mes enfants sont ma lumière, ma douceur de vivre, ma joie la plus sûre. Être maintenant grand-mère, me permet de continuer cet échange d’émotions avec mes petits-enfants, je les aime, les admire, les respecte et me sens solidaire de leurs joies, de leurs défis. Parler avec eux, cuisiner pour eux, les aider dans leurs études quand c’est à ma portée, voyager avec eux, tous ces moments me régénèrent et me remplissent de joie. Globalement les ennuis que j’ai supportés dans ma jeunesse me portent à être très vigilante, je ne voudrais pas passer à côté de leurs soucis s’ils en avaient.

 

7/ Comment une petite Jenny peut construire sa vie et accorder sa confiance à un homme ?

 

Eh bien, ça n’a pas été ni simple ni immédiat. Il y a vraiment une fracture dans ma vie, entre l’avant et l’après-résilience. Avant je me suis fourvoyée dans une relation maritale toxique à l’image de celle supportée dans ma jeunesse. Il semblerait que l’on reproduise souvent à son insu les situations nocives déjà vécues. Ensuite, après une longue pause en maman-solo avec mes trois enfants, j’ai trouvé l’homme de confiance et de tendresse que je souhaitais.

 

8/ Vos mots, comme vos livres,  sont souvent forts, habiles et empreints de pragmatisme. Qu’offrez-vous où qu’avez-vous souhaitez offrir à vos lecteurs et lectrices. Quelles sont vos intentions majeures à l’amorce d’un nouvel ouvrage ?

 

— Eh bien à vrai dire je n’ai pas d’intentions majeures, si ce n’est l’envie d’écrire des textes sincères, différents, séduisants, sur un registre très large. Je ne m’interdis rien, de la fiction, à l’essai. Je peux tout de même constater que mes écrits évoquent souvent les relations mère-enfant, ou les relations entre femmes. La psychologie et la philosophie sont tout de même mes univers clés. Je cherche à comprendre et à raconter ce qui résulte des relations humaines. Je suis plus à l’aise avec la thématique des femmes et des mères que celle des hommes, mais qui sait demain ?   

 

9/ Selon vous, l’acte d’écrire, c’est partager, dire en silence, juste raconter une histoire, habiller de noir une page blanche pour occuper son esprit ou encore graver sur papier des fragments de votre âme ou de notre société ?

 

Écrire pour moi est un grand plaisir, un travail de fourmi, une broderie qui prend forme peu à peu, un tableau, une frise d’idées ou de situations et enfin un partage avec mes lecteurs.

 

10/ Existe-t-il un lien entre «Le confort de l’autruche» , « Collier de femmes « et «Qu’importe le chemin» ? Si oui, lequel ?

 

Oui : les mères et les femmes, les efforts que l’on doit faire pour avancer, pour se redresser et la force de l’amitié féminine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11/ Qu’est-ce qui, dans la vraie vie pourrait distinguer et par opposition, les faire se confondre et donc les rapprocher le personnage d’Alexandre dans votre roman « Qu’importe le chemin» et Jenny, le personnage de votre roman « Le confort de l’autruche ?

 

On pourrait dire que Jenny est devenue suffisamment forte pour s’occuper d’Alexandre dans sa descente aux enfers.

 

12/ Avez-vous une idée personnelle de «L’innocence» ? Si oui, pouvez-vous, svp, nous la donner ?

 

D’après moi, un être innocent est un être intact, non souillé, qui ne pense pas à faire du mal à autrui.

 

13/ Est-ce qu’un enfant aime ses parents malgré leurs carences, leur violence ou, pire encore, leur crime ?

 

Bien sûr, et c’est bien là une de ses souffrances d'enfant, plus tard, adolescent ou adulte, son regard sur le parent maltraitant pourra changer. Il pourra s’en détacher, comprendre, excuser parfois, juger aussi.

 

14/ Aujourd’hui, quels sont les moteurs de votre bonheur ? Votre route jusqu’à lui a-t-elle été sinueuse, droite, limpide, empreinte d’émotions, révélatrice d’une force intérieure insoupçonnée ?

 

Ma route a été loin d’être linéaire, elle a connu les creux douloureux, les remontées incertaines et provisoires, les hésitations dans le brouillard de chaque croisement. Je me suis embourbée, trompée, mais j’ai avancé. Aujourd’hui oui, je suis heureuse, lucide, sincère, je me sens forte et tolérante. Nous faisons tous ce que nous pouvons, avec nos outils et nos faiblesses. J’écris dans mon livre : qu’importe le chemin, on récolte toujours ce que l’on s’aime. J’aime cette devise.

 

15/ L’écriture s’est-elle inscrite naturellement ou s’est-elle invitée sur la route de votre destinée ?

 

Elle est dans mes gênes, de même que la lecture depuis ma toute jeunesse, avec une grand-mère qui écrivait des contes, une mère qui se spécialisait dans la fiction puis l’Histoire, difficile d’éviter cette route. J’adore les mots et les jeux délicieux de la sémantique.

 

16/ Jenny restera-t-elle une ombre abîmée, un fragment de vous, ou l’épicentre, le coeur névralgique de Martine et son porte-plume ?

 

Jenny en a pris plein la gueule, mais elle a résisté. Je la regarde avec tristesse et compassion. Si je la voyais aujourd’hui, j’interviendrais.  Foi de Martine !