Biographie, Les mots de Pauline...

Pauline Dumail

| Ecrivaine | Communicante | Aromathérapeute | Attrapeuse de rêves

 

Et si, nous nous laissions mener par le bout du nez !

 

 

INTERVIEW

Aussi loin que ma mémoire me permette de remonter, j’ai toujours lu.

Je dévorais des livres comme une évidence, croyant que tout le monde était habité par ce même feu.

Et j’ai toujours écrit, croyant là aussi que tout le monde faisait de même.

 

Jusqu’à il y a encore peu de temps, quand quelqu’un me demandait ce que je faisais dans la vie, mon cœur s’emballait, stressé, paniqué, car je ne savais pas quoi répondre. Aromathérapeute ? Entrepreneure dans l’événementiel en création de parfums ? Communicante freelance ? Je suis tout cela à la fois, mais que pouvais-je répondre face à la réalité mondaine que j’avais en face de moi ? tic-tac, tic-tac, vous avez 19 secondes pour me dire dans quelle case je dois vous mettre… Alors parfois, je souriais, et je répondais : « je suis attrapeuse de rêves ».

 

Il ne me serait pas venu à l’esprit de répondre « écrivaine ». L’écriture dans ma vie n’appartient pas au verbe faire, mais au verbe être. L’extraire de moi pour parvenir à prononcer ce mot, « écrivaine », a été un long processus. Elle était là pourtant, tapie entre mes lignes. Elle s’était frayée une petite place en catimini au sein de mes autres sites webs, qui mettaient en avant mes autres activités. Comme si elle voulait s’excuser d’exister, juxtaposant ses lettres, développant ses phrases, mais à voix basse, pour que personne ne l’entende.

 

Depuis quelque temps, quelques semaines, quelques mois peut-être, pas beaucoup, lorsqu’on me demande « que fais-tu dans la vie », et que je réponds « écrivaine », mes yeux s’allument d’un feu étoilé digne d’Apollinaire, et mon coeur vibre d’une joie simple, celle d’être alignée.

Ecrivaine, aromathérapeute, communicante, je suis tout cela à la fois, l’un n’exclut pas l’autre. Nous sommes tous des êtres complexes et multi-dimensionnels.

La communication fait travailler l’esprit. L’aromathérapie travaille le corps. Quant à l’écriture, c’est mon âme qu’elle nourrit. La partie supérieure de mon être. Et sans cette partie pleinement assumée de moi, le reste est à la peine, car ne trouve pas le sens de l’existence.

 

J’espère que ces lignes essaimeront des étoiles dans les cœurs de ceux qui les liront, et quelques prises de conscience sur la multi-dimensionnalité de leur être. Que cela fera naître ou approfondir une réflexion sur l’équilibre dans leur vie entre ce qui nourrit leur esprit, ce qui nourrit leur corps, et ce qui nourrit leur âme. Car lorsque l’esprit et le corps se mettent au service de l’âme, c’est le bonheur qui frappe à votre porte.

 

Pauline Dumail

La vie est un parfum, respirez-la !

1/ Pauline, pouvez-vous nous dire ce qu’est respirer la vie ?

 

Respirer la vie, c’est cueillir. C’est accepter les hauts et les bas, c’est ouvrir grand les bras et les poumons et s’enivrer de l’air que nous avons la chance de pouvoir respirer, et c’est aussi parfois, dans les moments sombres, lorsque, replié sur soi, le plexus fermé, on en oublie de respirer, retrouver le ressort et la confiance pour rebondir et remonter, et se remettre en marche, se remettre debout et se reconstruire. Respirer la vie c’est lâcher prise sur qui n’est pas et accueillir ce qui est. Respirer la vie, c’est tisser le fil de sa toile, déguster la joie et traverser les difficultés. Respirer la vie, c’est Aimer

2/ Dans votre roman « La vie est un parfum, respirez-la» menez vous vos lectrices et vos lecteurs par le bout du nez ? Si oui, pourquoi ?

 

Oui, on peut dire ça, Je les mène par le bout du nez parce le livre est accompagné de 4 marque-pages parfumés que nous avons créés avec une amie Nez, qui sont l’empreinte des 4 personnages principaux. Leur réification en quelque sorte. Les essences ont été choisies en fonction de la personnalité et de l’énergie des personnages. Et la lecture s’accompagne ainsi d’effluves qui à eux tous, composent la signature olfactive de cette histoire.

 

3/ Qu’est-ce qui rapproche Louise, Tara, Maia et Victor ? Qu’est-ce qui les distingue ?

 

Louise, Tara, Maia et Victor ont tous une furieuse envie de vivre, ils sont tous des êtres à la fois écorchés par la vie et lumineux, et ils sont dans la quête de cette lumière qui est la leur. Ce qui les distingue, ce sont les différentes époques dans lesquelles ils vivent, l’un en 6015, les autres en 2000. Des différences générationnelles aussi.

Quant à ce qui les réunit… disons qu’ils appartiennent tous à la même famille… d’âme.

4/ Votre roman est-il une histoire de parfums ou empreinte-t’il le parfum de Louise, Tara, Maïa et de Victor pour nous raconter leurs histoires et nous dévoiler une partie de leur âme ?

 

Un peu des deux. Ce roman est une histoire de parfums, mais pas que. C’est également une histoire de terroirs, une histoire de nouveau monde à inventer, de spiritualité à retrouver, un chemin initiatique, et en effet, il emprunte la voie du parfum pour laisser son empreinte et non seulement révéler l’âme des personnages, mais aussi l’âme de ses lecteurs.

 

5/ «Chaque senteur est une exploration, une découverte, une forme, une odeur, et même une couleur et un son.» Pouvez-vous, svp,  nous en dire un peu plus sur cette très jolie phrase de vous ?

 

Et bien une odeur possède une fréquence électromagnétique. Tout comme les sons, dont les vibrations viennent percuter notre tympan ou les couleurs, notre rétine. Une odeur vient percuter nos cils olfactifs. Et j’adore associer couleurs et musiques aux odeurs. Tous les sens ont un langage commun, le langage vibratoire, et leur assemblage donne un résultat synestésique qui fait du bien à l’âme. Je cite d’ailleurs George Sand au début du livre, une description somptueuse d’un jardin, dans laquelle elle dit « Il y avait longtemps que l’harmonie des sons lui avait semblé répondre d’une certaine manière à l’harmonie des couleurs ; mais l’harmonie de ces harmonies, il lui sembla que c’était le parfum ».

6/ Pauline, se parfumer, c’est voyager ? Justifiez, svp, votre réponse.

 

Je dirais plutôt, sentir, c’est voyager. Et se parfumer, c’est faire voyager les autres, car il y a au niveau de l’odorat un phénomène d’adaptation qui fait qu’au bout d’un moment, on ne sent plus le parfum qu’on porte. Mais oui, il s’agit bien d’un voyage. Un voyage au cœur de l’histoire olfactive personnelle, un voyage au cœur du cerveau limbique, des émotions. C’est également un voyage imaginaire en fonction de ce que l’odeur va suggérer, un paysage, une ambiance. Et c’est enfin un voyage au cœur de soi, une porte vers l’intériorité. C’est l’odorat qui m’a ouvert les portes de mon intimité, à travers de nombreux voyages olfactifs effectués seule ou en groupe, sur lesquels il m’a fallu un peu de temps avant de poser un nouveau mot : méditation. Puis un autre : spiritualité. Je crois que tous les sens mènent au même endroit, ce diamant à l’intérieur de nous que nous portons et dont la lumière brille de toute sa puissance lorsque nous sommes alignés, ouvrant le cœur en grand.

 

7/ En quoi le parfum de la dame en rose peut-il nous parler comme il interpelle Maïa ?

 

C’est un parfum d’une grande puissance, avec le personnage central de cette de cette histoire, le bois de santal, mais c’est également un parfum très élégant, à la fois sensuel et joueur, avec le divin jasmin, un parfum qui vient percuter et chatouiller tous les centres énergétiques, et qui se présente à Maia dans un endroit plus qu’insolite pour ce genre de rencontres, un endroit contradictoire où les odeurs ne sont pas toujours agréables…C’est un parfum que je respire souvent, et que parfois le porte.

 

8/ Vous nous faites voyager dans le temps, de 1981 à 6014. Un long voyage qui pourtant semble très rapide. «En 6014, chacun peut se connecter à l’art en tant que créateur s’il le souhaite.» Voilà une bien belle pensée. Pouvez-vous nous dire ce que la science et l’humain pourraient gagner à partir ensemble dans cette direction ?

 

Magnifique question. Nous avons parlé des sens précédemment. Ils sont les portes de la perception, qui mènent l’humain, par son cerveau gauche, à la science, à la tentative d’expliquer rationnellement ce qu’il voit ou ressent, et à l’art, par le cerveau droit, qui vient traduire l’émotion d’un ressenti. Ils ne sont pas séparés, l’humanité ne saurait vivre harmonieusement sans l’un ou l’autre. Malheureusement, aujourd’hui, la société sépare, et enferme les choses et les gens dans des cases. Celui-ci est un scientifique, celui-là un créatif. Mais ce ne sont que les deux expressions d’une même facette, qui se rejoignent dans la connexion à l’octave supérieur de nous-mêmes, Dieu, l’Univers, le Spirituel, chacun l’appellera comme il voudra. Tous les grands scientifiques croient en quelque chose de supérieur, même si souvent ils le gardent secret. Toutes les grandes découvertes sont mêlées de dur labeur, d’un nombre d’heures gigantesque à chercher, et de synchronicités, ou plutôt de sérendipité, lorsque l’intuition vient achever le travail, dans une direction souvent totalement inattendue.

 

9/ Est-ce que, selon vous, respirer la vie comme on prend plaisir à se parfumer, c’est changer son regard sur les paradigmes vendus par la société et partir à la quête d’un idéal plus personnel et plus en harmonie avec la nature ?

 

Totalement, c’est se détacher de ce que la société « attend » de nous pour retrouver qui nous sommes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11/  Quel est votre regard sur le Monde de demain ? Croyez-vous que Sciences, nature et humanité vont se réconcilier pour nous proposer en 6014 un Monde meilleur que celui dans lequel nous évoluons ?

 

J’espère que ce sera avant ! Dans le livre, je parle de 2048 comme une rupture, un avant et un après. Je crois que cette rupture, c’est maintenant que nous sommes en train de la vivre, et qu’il ne s’agit pas de s’épuiser à se battre contre des systèmes obsolètes et des puissants accrochés à leur pouvoir, mais plutôt d’œuvrer à construire un monde plus harmonieux, une humanité plus en accord avec elle-même et avec sa planète, et d’apprendre à nos enfants à écouter leur petite voix intérieure et à se faire confiance. Construire plutôt que détruire. Aimer plutôt que lutter. Faire confiance plutôt que vivre enfermé dans ses peurs.

 

12/ Passion, curiosité, découverte semblent avoir, de concert ,ouvert la voie à votre créativité. Si vous deviez retenir une chose capitale tirée de l’écriture de ce roman, laquelle serait-ce ? 

 

L’écriture de ce livre a été un long processus de dix années, détachées de tout objectif à part celui d’écouter ma guidance intérieure.  A vrai dire, ce n’était pas un objectif, plutôt une nécessité. Lorsque la joie de l’inspiration me guidait, rien ne pouvait m’arrêter. Ni le sommeil, ni la faim, ni les bruits alentours, rien. Alors si je devais retenir une seule chose, je dirais que la voie de l’être, c’est la joie.

10/ Pensez-vous qu’il y ait, comme pour un parfum, une note de tête, une note de coeur et une note de fond à trouver dans chaque destinée et pour chaque personnalité ?

 

C’est très joli, je n’avais jamais « pensé » les choses comme ça. J’aime bien cet aspect ternaire permettant de sortir de la dualité, et je dirais que la tête est le mental, le cœur l’émotionnel, et le fond le spirituel. L’âme, le corps, l’esprit.